lundi, 18 juin 2007
Catherine Mallick ne mâche pas ses mots sur Clermont Première
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lundi, 11 juin 2007
Merci de votre confiance
21:35 Publié dans ELECTIONS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : catherine mallick législative riom combrailles france 3 modem mo
jeudi, 07 juin 2007
Catherine Mallick : l'alternative utile
20:12 Publié dans ELECTIONS | Lien permanent | Envoyer cette note
Catherine Mallick s'engage pour notre avenir (4)
Catherine Mallick s'engage pour notre avenir (4)
Question 11 - Adaptation des compétences au marché du travail
Concernant le système actuel d’organisation et de financement de la formation professionnelle, je pense qu’il est nécessaire de distinguer enfin deux aspects. Le diplôme académique d’une part et la formation professionnelle d’autre part. La formation professionnelle reste à construire avec les professionnels. Pourtant, l’idée est encore fort répandue que de vouloir confondre les deux aspects. D’où l’immense frustration, le sentiment d’injustice et de révolte des diplômés sans emploi, des bac +4 ou +5 au chômage …
Une formation académique est une nécessité : elle doit donner les bases, à tout le monde, et parmi les bases, la langue, orale et écrite, des bases scientifiques efficaces, des bases linguistiques (la maîtrise de l’anglais international, au moins, et une autre langue de la conquête du monde). La formation professionnelle, elle est à construire, avec les professionnels. Cela est fait, depuis longtemps, pour les avocats par exemple : personne ne confond le diplôme de droit, qui est nécessaire, et la formation en cabinet qui l’est aussi.
Cette vision doit se généraliser. Ainsi devront se concilier une formation académique ouverte et une formation professionnelle spécialisée, capable de s’articuler avec des formations académiques diverses, littéraires, scientifiques, juridiques, techniques, artistiques…
Concernant votre proposition de mettre en place un numerus clausus afin de faire en sorte “d’éviter que les jeunes ne s’engagent en trop grand nombre dans des formations peu porteuses de débouchés vers l’emploi”, je reste très réservée. Le numerus clausus, en France, est réservé à un certain nombre de professions réglementées (médicales pour l’essentiel). La mise en place de ce procédé vise à réguler le nombre de professionnels dans ces domaines, permettre de proposer une formation de qualité avec des effectifs corrects. Je ne suis pas convaincue qu’il faille voir là un processus permettant de dissuader des étudiants de suivre une filière aux débouchés professionnels réduits : ce n’est en tout cas pas l’esprit dans lequel il est actuellement utilisé. D’autant que l’instauration d’un numerus clausus a pour corollaire la mise en place d’un concours, placé sous les auspices du principe républicain d’égalité des chances... dont on voit aujourd’hui qu’il est perverti par une suspicion légitime d’élitisme avec le développement de cours préparatoires privés pour la préparation à la propédeutique en médecine. Je ne veux pas d’un système éducatif à deux vitesses où les plus aisés pourraient accéder à la formation de leur choix parce qu’ils ont les moyens de financer de coûteux cours particuliers alors que le plus grand nombre devraient être privés de la possibilité de choisir. Quand bien même il y aurait un emploi à la clé, un tel système reviendrait à nier la capacité de nos jeunes à s’autodéterminer, à choisir leur voie, à travailler avec ferveur et vigueur pour s’établir dans un domaine qui leur plait.
Davantage, les formations académiques doivent évoluer. Aujourd’hui, quelque 40 % des élèves échouent en première année à l’université, car la rupture est trop brutale entre le lycée et l’enseignement supérieur. Je propose de faire de la terminale une propédeutique - une préparation à l’enseignement supérieur - ce qui va de pair avec le semestre d’orientation à l’entrée de l’université. L’université a besoin de tuteurs, de répétiteurs, de moniteurs, d’interlocuteurs des étudiants débutants, de bibliothécaires aussi, toute une gamme de soutiens qui rendraient l’université accueillante, en échange de bourses convenables qui changeraient la vie de beaucoup d’étudiants, et celle de leur famille. Surtout, les universités doivent poursuivre leur ouverture (pédagogique et non financière) sur le monde de l’entreprise. Elles doivent permettre aux jeunes de se familiariser avec les réalités de leur futur métier. Cet effort doit être poursuivi avec le développement de la formation professionnelle qui doit nécessairement accompagner les jeunes dans leur premier emploi puis, au gré de leurs évolutions successives. En cela, je pense en effet que l’employabilité -c’est à dire la capacité à garder ou à trouver un emploi- est autant l’affaire de l’entreprise que celle du salarié. Mon désaccord porte sur la méthode à employer pour y parvenir.
Question 12 - Encouragement de l’initiative personnelle
Exerçant moi-même une profession libérale, je suis sensible à cette valeur d’initiative personnelle et je sais les difficultés qui se dressent sur le chemin d’un jeune chef d’entreprise. Comme vous le suggérez et comme je l’évoquais précédemment, l’école a un rôle à jouer dans la sensibilisation des jeunes au monde de l’entreprise. Il est nécessaire de renforcer ces liens pour mieux préparer l’entrée sur le marché du travail. Le développement des micro-crédits doit permettre de
stimuler l’envie d’entreprendre des jeunes. Le rebond après un échec doit être accompagné afin qu’ils parviennent à analyser les raisons de cet échec et repartir ensuite sur un nouveau projet avec des bases saines.
Question 13 - Revalorisation du travail manuel
La question du travail manuel mérite en effet d’être abordée. Le bon sens populaire dit qu’il n’y a pas de sous métier. C’est l’Ancien Régime, sous l’effet de la Renaissance, qui valorisait le travail de conception intellectuelle au détriment de la réalisation matérielle concrète. A tel point que la notion même d’artiste a été revisitée et magnifiée à cette époque pour l’opposer à celle d’artisan. Ces temps sont bel et bien révolus ! Bien évidemment le travail manuel doit être valorisé, mis en avant : on aura toujours besoin de boulangers, de plombiers, de chauffagistes... Bien évidemment les progrès techniques amènent parfois à des mutations nécessaires, lesquelles doivent être soutenues par la formation professionnelle: par exemple, le tourneur-fraiseur a vu son poste évoluer vers plus de technicité avec l’apparition des machines à commande numérique.
Question 14 - Réglementation spécifique pour les PME
Parce que je considère que les petites et moyennes entreprises sont cruciales pour l’emploi, je suis partisane d’une mesure active de protection de la petite et moyenne entreprise : un small business act à la française. Les Etats-Unis l’ont mis en œuvre pour la vitalité de leur économie, dès 1953, avec une administration légère.
Trois mots définissent ce small business act à la française : simplification, protection, accès aux marchés publics.
D’abord, simplification. Les contraintes de l’administration, des impôts, du droit et des procédures sociales sont un vrai labyrinthe. Et l’entreprise de 15 personnes, ou l’artisan qui a un ou deux compagnons, dont la femme assure le quotidien de la comptabilité et des papiers, s’arrache les cheveux devant une administration bavarde ! Je veux que la culture de la simplification sorte des mots pour entrer dans la réalité. Pour y arriver, il faut confier la simplification à ceux qui subissent la complexité ; à charge pour eux d’y travailler paritairement.
Ensuite, protection, notamment des jeunes entreprises. Je propose une protection fiscale: exemption dégressive des premiers exercices bénéficiaires, notamment si l’argent gagné est réinvesti dans l’entreprise ; progressivité de l’impôt sur les sociétés étudiée pour permettre une tranche allégée à 18%. Je propose également une protection active de la trésorerie de ces entreprises, ou plus exactement de l’équité des marchés, par une diminution des délais de paiement des grandes entreprises et de l’Etat à l’égard des PME. Pourquoi les grandes surfaces règlent elles les marchandises souvent deux ou trois mois après avoir réceptionné les marchandises ? Pourquoi l’Etat traine-t-il toujours à régler ses dettes ? Rien ne justifie une telle attitude.
Troisièmement, accès aux marchés publics. Une part des marchés publics sera réservée aux PME, par exemple, comme aux Etats-Unis, 20 % du volume total des grands marchés et la totalité des marchés inférieurs à 50 000 €. Il ne me paraît pas possible que l’Europe s’interdise durablement une règle qui est celle des Etats-Unis depuis plus de cinquante ans ! L’opinion publique européenne sera, dans cette affaire, notre alliée.
Question 15 - Soutien à l’entreprise patrimoniale
Votre idée est de permettre à des entreprises qui risquent leurs biens propres de bénéficier de subventions afin d’équilibrer leur bilan si nécessaire. Vous ébauchez un parallèle avec le secteur “solidaire” (associations, coopératives…) en avançant que le projet d’une entreprise n’est pas uniquement conduit par des impératifs de rentabilité mais qu’il profite aussi à l’intérêt général.
Je ne peux pas y souscrire. D’une part, la différence fondamentale entre le secteur marchand et le secteur non marchand réside justement dans ce critère de rentabilité (même s’il n’est pas l’unique but de l’activité concernée). De plus, même si je souscrivais à votre requête, vous répondre favorablement serait pure démagogie dès lors que le principe de libre concurrence non faussée qui régit l’espace économique européen interdit toute aide publique directe (subvention) aux entreprises. Vous n’êtes pas sans savoir que la Commission européenne se montre très active sur ces questions... L’heure n’est pas franchement à la négociation de clauses de sauvegarde (dérogations exceptionnelles, motivées et limitées dans la durée).
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mercredi, 06 juin 2007
Défendre les services de proximité
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Catherine Mallick s'engage pour notre avenir (3)
Catherine Mallick s'engage pour notre avenir (3)
Question 9 - Travail et pouvoir d’achat
Le sujet du pouvoir d’achat illustre le décalage entre les citoyens et le pouvoir. D’un côté, les dirigeants, relayant les statistiques officielles, affirment que le pouvoir d’achat augmente... alors que les Français ont à l’évidence le sentiment contraire. La différence, c’est que le logement n’est compté, dans le calcul du pouvoir d’achat, que pour 11 % du budget d’un ménage. Connaissez-vous quelqu’un qui peut louer un logement pour 11 pour cent de son salaire ? Le loyer en représente au moins 30 ou 40 %.
La fin du mois, c’est une question qui taraude les Français. Autrefois, il n’y a pas si longtemps, avec un salaire moyen, on vivait et on mettait un peu d’argent de côté. Aujourd’hui, on a du mal à joindre les deux bouts, beaucoup plus de mal qu’on ne le pense en “haut lieu”.
Que faire ?
L’idée que l’on pourrait distribuer facilement l’argent de l’Etat est fausse, étant donné l’ endettement de l’Etat. Et toute distribution de pouvoir d’achat artificielle se retournera contre l’emploi. Si l’on augmente brutalement le prix du travail, comme l’annoncent les socialistes, on fera disparaître encore des emplois.
Il faut donc que, sur le prix du travail assumé par l’entreprise, le salaire direct ait une plus grande part. Et que ceux qui veulent travailler plus, soient libres de le faire sans charges supplémentaires.
Comme François Bayrou, je propose de libérer les heures supplémentaires. De permettre au salarié qui veut faire une heure supplémentaire de bénéficier d’une prime de 35%, beaucoup plus importante qu’aujourd’hui, notamment dans les petites entreprises, sans que cela coûte plus cher à l’entreprise : cette prime sera défalquée des charges sociales. Avec une idée simple : quand quelqu’un a travaillé trente-cinq heures, il a d’ores et déjà payé sa quote-part à la solidarité.
Question 10 - Considérez-vous que la plus grande précarité est le non-emploi? Que la priorité doit être de combattre le chômage, sans remettre en cause les outils, tels que le C.N.E., qui ont démontré qu’ils étaient créateurs d’emploi? Qu’il convient d’organiser le marché du travail en prenant en compte la réalité économique et non l’inverse?
Le C.N.E. est, je le rappelle, un type de contrat de travail sans limitation de durée pour les entreprises de vingt salariés au plus. Durant lapériode dite de consolidation de l’emploi de deux années, la rupture sans annoncer le motif de licenciement est possible (même si ce motif pourra être demandé en cas de litige aux prud’hommes), moyennant un préavis court et une indemnité de 8% sur le total de la rémunération.
Comme le C.P.E., le C.N.E. comporte deux points litigieux : le licenciement sans motif et la période d’essai de deux ans. Présenter comme un progrès que l’employeur puisse licencier sans la moindre explication, c’est perdre de vue les principes élémentaires de justice. Et si une réforme est injuste, elle est condamnée à échouer.
CNE et CPE concentrent toute la flexibilité et donc toute la précarité sur les plus
fragiles: les plus jeunes et les plus petites entreprises. Une nouvelle fois, on a voulu séparer deux France: la France des plus protégés et les “sans statut”, ceux qui ne se défendront pas et qui vont devenir la variable d’ajustement des mouvements d’ emploi.
En somme, je ne partage pas votre opinion sur le C.N.E. : j’y suis opposée. La précarisation des salariés ne fera qu’exacerber les tensions sociales : une réforme de cet ordre est parfaitement contreproductive. D’autant que le nombre d’emplois créés “grâce” au C.N.E. fait débat, y compris dans les cercles universitaires les plus sérieux : début 2006, le gouvernement annonçait plus de 90 000 emplois créés avec le CNE. Moins ambitieuse, l’étude de deux universitaires (P. Cahuc et S. Carcillo) évoquait en février 2006 environ 80 000 créations d’emplois à un horizon de quatre ans. S’appuyant sur une étude du service statistique du ministère de l’Emploi, Les Échos ont affiché 44 000 créations pour le CNE fin mars 2006. Le ministre de l’Emploi évoque lors de sa conférence de presse du 20 février 2007 de 80 000 à 240 000 créations d’emplois à la fin 2006. Qui croire ?
Le sous-entendu de votre question nous amène à évoquer la question de laflexibilité du marché de l’emploi. Les pays scandinaves ont réussi à faire en sorte que l’on puisse à la fois remettre en cause le contrat de travail, et offrir une sécurité nouvelle au salarié, en lui permettant de garder son salaire plus longtemps, ou en lui permettant de suivre une formation qu’il aura choisie, ou d’être embauché sur le même bassin de travail par des entreprises qui, au fond, auront mutualisé leurs capacités d’emploi.
Les centrales syndicales que François Bayrou a rencontrées au niveau national et celles que j’ai rencontrées au niveau local disent : l’entreprise doit pouvoir en cas de baisse d’activité, remettre en cause le contrat de travail (sinon elle hésite à embaucher), et dans le même temps, cette flexibilité peut s’accompagner de sécurité. Pour la CGT, cela s’appelle la Sécurité Sociale professionnelle, pour d’autres, la sécurisation des parcours professionnels, d’autres encore emploient le mot de flexi-sécurité, mais tout cela veut dire la même chose. Cela veut dire que les droits du travailleur doivent être attachés au travailleur lui-même, et pas seulement au contrat de travail. Une négociation efficace, cela prendra le temps que cela prendra, mais c’est indispensable.
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mardi, 05 juin 2007
Catherine Mallick s'engage pour notre avenir (2)
Catherine Mallick s'engage pour notre avenir (2)
Question 5 – Compétitivité et innovation
L’office européen des brevets (http://www.epo.org/patents/law/legislative-initiatives/london-agreement_fr.html) informe les citoyens que l’accord de Londres du 17 octobre 2000 permet de “mettre en place un régime de traduction post-délivrance attrayant sur le plan des coûts pour les brevets européens. Il est le fruit des travaux qui avaient été engagés sur la réduction du coût du brevet européen par la conférence intergouvernementale tenue en France en 1999.”
Je suis en effet favorable à ce que le Parlement ratifie cet accord afin de diminuer les coûts inhérents aux initiatives innovantes. C’est là un des volets d’une politique de soutien à l’innovation. François Bayrou proposait également que les sommes investies dans l’obtention d’un brevet soient exemptées d’impôt.
Néanmoins, si le respect de la propriété intellectuelle me paraît essentiel, la question du brevet ne résoud pas tout. Il faut aller plus loin. En effet, un brevet n’est qu’une arme juridique permettant à un inventeur lors d’un procès de faire valoir ses droits. J’imagine volontiers que les grands groupes industriels ont les moyens d’entamer de longues et coûteuses procédures judiciaires face, par exemple, à des contrefaçons. Je ne suis pas convaincue qu’une PME-PMI innovante dispose d’une telle possibilité : dans le système actuel défendre ses intérêts revient à mettre en péril la santé financière de l’entreprise, menaçant par là même des emplois. Il sera indispensable, parallèlement à cet effort à consentir vis-à-vis des brevets, de réfléchir à de nouvelles procédures contentieuses adaptées afin que les PME-PMI puissent se défendre dans des délais raisonnables afin d’en limiter les coûts.
Question 6 - Développement durable et PME
En la matière, je rejoins votre propos. Je suis convaincue qu’une politique incitative portera plus de fruits qu’un couperet répressif (quand bien même les abus doivent être clairement sanctionnés). La fiscalité écologique est en effet un levier plus qu’une arme, en ce qu’elle est porteuse de création d’emplois. Au delà des convictions écologiques, il y a bel et bien potentiellement une réalité économique profitable à l’intérêt général.
Question 7 - Judiciarisation de la société et responsabilité des entrepreneurs
Certes, la responsabilité des entrepreneurs est de plus en plus fréquemment engagée devant les tribunaux, conduisant parfois à des sanctions pénales. Néanmoins, je pense que la défense des consommateurs doit rester une priorité. Je conviens que l’on ne pense pas en premier lieu aux PME-PMI en matière de défense des consommateurs. Les derniers mois nous ont montré que des grands groupes étaient capables d’entente (opérateurs de téléphonie mobile) ou délaissaient délibérément des clients mécontents (opérateur de télévision par câble) au détriment d’une relation commerciale honnête. Ces situations sont intolérables.
Ces réserves évoquées, je reste ouverte à des discussions sur la possibilité de clarifier cette question de la responsabilité judiciaire des entrepreneurs. Mais il y a un principe sur lequel on ne peut pas revenir : en société, chaque action qui cause un dommage engage la responsabilité de son auteur. Revenir sur cela reviendrait à une société de non-droit. Néanmoins, le législateur reste compétent pour fixer une échelle de sanctions qui mérite, peut être, un rééquilibrage.
Question 8 - Êtes-vous prête à relancer le dialogue social dans toutes les entreprises, à redonner directement la parole aux salariés en leur permettant, en l’absence de syndicats, de choisir librement leurs propres conditions de travail ?
Je suis évidemment favorable au dialogue social. Dès 2002, l’UDF se prononçait pour l’obligation de consulter les partenaires sociaux avant toute réforme du droit du travail soit inscrite dans la Constitution. Quand bien même ce n’est pas le coeur de votre question, je tiens à préciser que je suis clairement favorable à la transparence du financement de la vie syndicale et à favoriser un syndicalisme d’adhésion. Plus nombreux seront les salariés syndiqués, plus les syndicats seront représentatifs et plus le dialogue social sera performant.
Vous me soumettez la question de la généralisation du dialogue social, y compris dans des entreprises où il n’y a pas de délégué du personnel : les entreprises de moins de onze salariés. Je suis convaincue, pour en avoir personnellement rencontrés, que nombre de dirigeants de PME sont généralement en dialogue permanent avec leurs salariés... Ne serait-ce parce qu’un petit effectif permet un dialogue direct et l’instauration d’une relation de confiance avec le salarié. Mais je suis aussi consciente que l’idée du dialogue social fait peur dans certaines entreprises où l’on reste prisonniers d’idées reçues héritées du XIXe siècle : on brocarde le “salarié syndiqué gréviste” contre le “l’épicier Maigrat” (Zola). Je pense en effet qu’il faut que nous arrivions, avec votre concours et celui des organisations syndicales de salariés, à dépassionner la question du dialogue social. Un travail de pédagogie mais aussi de formation doit être envisagé sur ces questions : le dialogue syndical et la culture de négociation sont des solutions qui ont fait leurs preuves dans d’autres pays (Allemagne). Chacun peut apporter sa pierre à l’édifice et y trouver son compte. Y compris dans des petites structures.
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lundi, 04 juin 2007
Catherine Mallick s'engage pour notre avenir (1)
Toujours disponible : Le reportage France 3
Catherine Mallick s'engage pour notre avenir (1)
Catherine Mallick était interrogée par la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME) sur les questions de l’emploi et de l’économie.
Ce fut pour elle l’occasion de présenter son programme en la matière. Nous vous proposons de le découvrir... Chaque jour, l'équipe de Catherine Mallick vous propose de découvrir quelques unes des réponses à la CGPME.
Question 1 : Equilibre des finances publiques et des régimes sociaux
La dette – Le nombre de fonctionnaires
Le combat pour l’équilibre des finances publiques n’est pas un caprice de théoricien, c’est le premier geste social que nous pouvons faire. Les Français les plus fragiles et les plus démunis sont les premières victimes de la dette. Le déficit actuel de l’État ne soutient plus la croissance, il la freine. Il crée un climat d’incertitude face à l’avenir. Toute remontée des taux d’intérêt aurait des effets désastreux sur les finances publiques. Le combat que je mènerai à l’Assemblée nationale contre l’endettement public rejoint les prises de position de François Bayrou.
Depuis vingt-cinq ans, tous les gouvernements ont été coupables de ce laisser-aller. Tous les jours, l’État dépense 20 % de plus que ce qui rentre dans ses caisses. Cette attitude est irresponsable.
Le projet de François Bayrou aurait couté 21 milliards d’euros. Il s’engageait sur 21 milliards d’euros d’économies. Pour cela, il aurait fallu :
- concentrer en trois ans les exonérations de charges sur les PME et sur les salaires en dessous de 1,3 SMIC (9 milliards d’euros d’économies),
- plafonner progressivement le montant global des niches fiscales (4 milliards d’euros) ;
- des actions de modernisation de l’État pour un montant de cinq milliards d’euros d’économie;
- et des économies au niveau des collectivités locales pour 3 milliards d’euros en trois ans.
Modernisation de l’État et économies dans les collectivités locales vont de pair : jusqu’ici, aucune décentralisation des compétences n’a entraîné une diminution du nombre des fonctionnaires des services correspondants !
François Bayrou proposait d’inscrire, dans la Constitution, l’interdiction pour un gouvernement de présenter un budget en déficit de fonctionnement, hors période de récession. L’État se serait interdit ainsi de financer ses dépenses courantes par la dette. Nous ne pouvons que regretter que cet engagement n’est pas été repris par le M. le Président Nicolas Sarkozy.
A l’Assemblée nationale, je serai attachée à la suppression de ce déficit de
fonctionnement: soit 21 milliards environ, en trois ans. En retenant une prévision de croissance raisonnable, 2% par an, et 1,8 % d’inflation, l’augmentation des recettes de l’État est de 14 milliards d’euros par an. En consacrant 7 milliards par an à la diminution du déficit, on retrouve au bout de trois ans l’équilibre de fonctionnement. Alors la part de la dette dans la richesse nationale se met à baisser, et l’État et les collectivités locales retrouvent des marges de manœuvre.
Les retraites
Je suis convaincue que la question des retraites n’a pas été réglée par la réforme de 2003. En tant que députée, je veux courageusement proposer une nouvelle réforme, avec pour pilier la justice: tous les Français doivent être traités à égalité. Il en va du respect de notre devise, de nos valeurs communes. Je propose une refonte universelle, c’est-à-dire une réforme qui englobe tous les régimes, y compris les régimes spéciaux. Elle sera souple, ouvrant la voie à une retraite à la carte, une retraite par points. Dans ce système de retraite par points, où le montant augmente avec le temps de cotisation, les salariés conserveront le droit de partir à la retraite à 55 ans, mais leur retraite sera plus importante s’ils partent plus tard. Cette retraite à la carte aura pour principe le droit pour chacun de définir son temps de travail et son niveau de retraite. Si cette réforme était adoptée, les acquis des régimes spéciaux seront individualisés : chaque agent pourra choisir lui-même l’âge de son départ à la retraite. Cette retraite par points créera de vrais droits, devra prendre en compte la pénibilité et permettre ou le rachat d’années sans décote ou leur abondement par l’Etat. Ce système de retraite sera géré en pleine responsabilité par les partenaires sociaux.
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Question 2 – Evolution de la fiscalité locale
Maintenir la vitalité économique, notamment en zone rurale
Avec les Combrailles, la 6e circonscription du Puy-de-Dôme est particulièrement concernée par cette situation de zone rurale. Contrairement à une idée reçue, elles ne constituent pas un désert économique (1952 entreprises sur le territoire du SMADC dont 42% de services, 25% de commerces, 13% d’industries…). La filière bois est particulièrement active : 25% du territoire est couvert de forêts, de sorte qu’un pôle bois émerge au sud du territoire. L’industrie agroalimentaire profite de ressources en eau et agriculture : outre Volvic que l’on ne présente plus, la Société Polette à Teilhède est un des premier salaisonniers de France. Les industries sont présentes sur deux bassins : Saint-Eloy les Mines, Les Ancizes/St-Georges de Mons avec des grands groupes transationaux (Aubert et Duval, Diétal). PME et PMI irriguent le territoire : recyclage industriel, transport, commerce...
Si elles ne sont pas un désert, il est nécessaire de les valoriser. L’enjeu est de lutter contre la désertification rurale, en attirant par les créations d’emploi de nouveaux habitants, sans en perdre. Il convient d’accompagner les entreprises qui doivent investir dans la modernisation de leur outil de travail (aides à l’innovation, micro-crédits). A titre d’exemple, la fermeture de l’abattoir de Giat aurait pu être évitée si des travaux avaient été entrepris pour le mettre aux normes. L’accueil de nouvelles entreprises doit faire l’objet d’aides publiques (avantages fiscaux, aides à l’installation, aides à l’innovation, aides à l’embauche). Il s’agit surtout d’un enjeu d’aménagement du territoire : il est nécessaire de profiter de la présence des quatre échangeurs autoroutiers sur l’A71 et l’A89 pour développer des zones d’activités attractives.
Eviter l’explosion de la fiscalité locale
Une réforme de la fiscalité locale est d’autant plus nécessaire que 75 % des investissements civils sont pris en charge par les collectivités. La décentralisation ne signifie pas que l’Etat se désengage: les transferts de compétence doivent être entièrement compensés par l’Etat.
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Question 3 – Entreprises françaises et concurrence internationale
Un enjeu européen
Face à la mondialisation, nous avons besoin d’une politique économique européenne, notamment évidemment dans la zone euro. La Banque centrale indépendante lutte contre la hausse des prix et sert la croissance en assurant la confiance dans notre monnaie. Mais le silence sur le déséquilibre dans les monnaies de la planète, notamment sur le taux du Yuan, est de mauvais aloi : dans la mondialisation, l’Europe doit faire respecter les principes du droit d’équité et de réciprocité. Pour cela, il faut une Europe politique forte. C’est pourquoi je considère comme une priorité d’institutionnaliser le groupe des pays de la zone euro, l’Eurogroupe.
Il faut stopper la course au moins-disant fiscal en établissant pour chaque impôt un “serpent fiscal” : règles d’assiette communes et fourchettes de taux, minimum / maximum. Priorité à l’harmonisation de l’impôt sur les sociétés, qui est une source de dumping fiscal, et à la fiscalité écologique, que la Commission Delors avait évoquée dès 1992.
Lutter contre le « dumping social »
Pour cela, François Bayrou estimait que «c’est d’Europe que nous aurons besoin », mais il pensait développer cette politique à moyen, voire long terme, insistant, en premier lieu, sur l’idée qu’il faut d’abord « remettre de l’ordre dans les finances publiques » avant d’aborder la question européenne. Je défendrai cette idée à l’Assemblée.
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Question 4 – Poids des charges sociales
Pour aider les PME – PMI à embaucher afin de développer leur activité, je défendrai à l’Assemblée les propositions de François Bayrou.
Quand il s’agit de définir des priorités en matière économique, tout le monde parle de croissance, d’emploi, et, évidemment, à juste titre. Mais la croissance et l’emploi sont des résultantes : ce qui fait l’emploi, c’est l’entreprise. L’esprit d’entreprise et l’entrepreneur.
Or, si une entreprise, à production de richesse semblable, crée des emplois, elle paye le maximum de charges ; si elle n’en crée pas, elle paye très peu. Formidable injustice. Rien ne justifie que l’ensemble du financement de la protection sociale repose sur le travail, sur l’emploi.
En 1798, un fiscaliste, à la recherche d’une base fiscale juste, vérifiable, non délocalisable, avait trouvé “l’idée géniale” : le nombre de portes et de fenêtres de chaque bâtiment. Cette “solution” a fonctionné 50 ans. Puis, un peu partout, on a muré les portes et les fenêtres. Quand vous concentrez un prélèvement sur une seule base, elle a tendance à s’enfuir. Ce qui s’est passé pour les portes et les fenêtres se passe aujourd’hui pour l’emploi.
Je propose cinq pistes pour transférer ces charges : une cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, une hausse de la CSG, la TVA sociale, une taxe sur la consommation de carburants fossiles, enfin une taxe sur les mouvements financiers.
C’est une réflexion de long terme qui demande la participation de toute la société française. Mais il y a urgence, c’est pourquoi je propose une mesure immédiate : permettre à chaque entreprise de créer deux emplois sans charges (avec les charges de retraite : 10% en tout et pour tout).
Ce qui recréera l’emploi, ce n’est pas l’augmentation continue de la précarité, c’est un coût de l’emploi redevenu abordable. En réduisant les charges qui pèsent sur le travail, on libérera l’emploi : les chefs d’entreprise auront à nouveau envie d’embaucher, et ils y auront intérêt.
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dimanche, 03 juin 2007
L'enjeu des élections législatives
«L'enjeu, c'est le pluralisme en France»
Interview de François Bayrou La Charente Libre - 01.06.07
CL. Vous évoquez une campagne législative «difficile». Qu'en attendez-vous notamment en nombre de sièges à l'Assemblée où, selon toute probabilité, votre Mouvement Démocrate (MoDem) ne sera pas en mesure de constituer un groupe parlementaire ?
François Bayrou. L'enjeu de cette campagne, c'est le pluralisme en France. S'il n'y a qu'une opinion qui domine l'Assemblée nationale avec de l'autre côté un Parti socialiste en crise, les débats ne pourront pas avoir lieu. Dans un pays démocratique normal, les grands courants qui se sont exprimés fortement au moment de l'élection présidentielle devraient avoir leur représentation parlementaire. Nous vivons avec des institutions qui ne donnent la parole qu'aux majoritaires. Cela n'est pas normal.
Si les Français veulent que les grands sujets qui vont être traités soient débattus en pleine lumière, il faut qu'ils permettent à des voix différentes et indépendantes de s'exprimer à la tribune de l'Assemblée. Je pense notamment à la franchise en matière de sécurité sociale avec ces dizaines d'euros non remboursés qui risquent de poser des problèmes très lourds aux familles bouclant leur budget à l'euro près. Je pense à la carte scolaire et au problème de la dette dont le gouvernement a annoncé qu'il allait le mettre pour une période entre parenthèses, ce qui est profondément injuste.
Sur le nombre de sièges, je ne fais aucun pronostic. Laissons les électeurs s'exprimer. Je ne connais aucun institut de sondages qui puisse estimer 577 élections différentes.
Pendant la campagne présidentielle, et singulièrement entre les deux tours, aviez-vous envisagé la possible défection de la quasi-totalité du groupe parlementaire UDF au profit de Nicolas Sarkozy ?
F.B. Non, parce que je crois aux idées et aussi profondément à la loyauté de mes amis. Je n'avais donc jamais envisagé cela. C'est le problème des institutions de la Ve République qui doivent être changées. Il y a un tel attrait du pouvoir qui va avoir tous les leviers de commande entre les mains, que la preuve est faite à chaque élection qu'il est difficile de lui résister.
Le Nouveau Centre présente un programme législatif pratiquement identique à celui adopté par l'UDF. N'y a-t-il pas un risque de trouble pour l'électorat qui avait porté ses voix sur votre nom ?
F.B. L'électorat ne se trompe pas. Les électeurs qui ont voté pour moi l'ont fait parce qu'ils savaient que je voulais l'indépendance et la force du centre, que je voulais que travaillent ensemble des gens différents par-dessus les frontières habituelles, que je voulais pour le pays des solutions équilibrées. Ce lien créé avec 7 millions d'électeurs n'a pas changé et aucune manœuvre ne le troublera. Les électeurs savent exactement que des gens ont changé de ligne de conduite pour rallier le nouveau pouvoir. Ce sont des attitudes très anciennes, archaïques.
Lors de la création du MoDem, vous aviez évoqué la possibilité d'accords de désistement au second tour «au cas par cas» avec le PS ou l'UMP. Cette hypothèse reste-t-elle d'actualité et peut-elle s'appliquer, le cas échéant, à des candidats du Nouveau Centre ?
F.B. Je n'ai aucun accord d'appareil et je ne conduis aucune manœuvre avec qui que ce soit. Nous allons au premier tour sous nos propres couleurs. Nous verrons au soir du premier tour où en sont nos candidats et quel est le meilleur moyen de favoriser le pluralisme en France.
Vos détracteurs, dont Simone Veil, vous accusent d'avoir créé le MoDem dans l'unique objectif de la présidentielle de 2012. Que leur répondez-vous ?
F.B. Je n'ai jamais songé à l'élection présidentielle de 2012. Car personne n'a idée de ce que sera la situation dans cinq ans. J'ai créé le MoDem à partir de l'UDF parce qu'il faut un centre fort. On s'apercevra dans les mois qui viennent que faute de ce centre fort le pays rencontrera des difficultés. Les politiques déséquilibrées sans contre-pouvoir échouent à tous les coups et génèrent l'exaspération du pays.
Quel jugement portez-vous sur le début du quinquennat Sarkozy et sur sa propension à traiter en direct les dossiers ?
F.B. Il est très bon en matière de communication mais l'idée qu'un seul homme puisse traiter en direct des problèmes est inquiétante. Tous les systèmes politiques fondés sur un pouvoir qui décide de tout et concentré entre les mêmes mains ont gravement échoué. Ceci ne correspond pas à la manière dont le pouvoir devrait être exercé dans un grand pays au XXIe siècle.
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